ÉQUITÉ v/s ÉGALITÉ





Les ouvriers de la onzième heure, évangéliaire byzantin du xie siècle


Les Ouvriers de la onzième heure (quelquefois : Ouvriers envoyés à la vigne) est une parabole de l'Évangile selon Matthieu. La onzième heure fait référence à une méthode antique de calcul des heures qui débutait avec le lever du soleil et qui divisait la journée en douze parties. La parabole fait intervenir un propriétaire terrien qui rémunère également ses différents employés peu importe l'heure où ils ont entamé leur labeur. (Source Wikipédia)


Pourquoi vous parler de ça aujourd'hui ?

peut-être parce que dans mon super-marché j'ai croisé les rayons jouets tout spécialement apprêtés pour attirer l'attention des gamins comme de leurs parents mais avec toujours les mêmes clichés : un rayon garçon et un rayon fille. Les bonshommes et les jeux de construction ont atterris au milieu mais quand même avec des rassemblements tendancieux.


Au fond je me demande qui a le plus de soucis ?

Le garçon qui aime bien jouer à la dinette ou la fille qui préfère le foot aux poupées ?

Mais quid du père du fils qui joue à la poupée ?

et de la mère dont la fille veut prendre des cours de boxe ?

et le petit garçon qui aimerait bien faire de la danse classique ?

Qu'ai-je plaisir à répondre quand mes connaissances, amis, collègues, famille me demande quelle est l'activité de loisir de mon enfant ?

Y a-t-il un truc qui me dérange ?

Avec quoi au juste suis-je à l'aise ?

Les fabricants de jouets nous incitent-ils ou sommes-nous prescripteurs ?

C'est comment ailleurs sur la planète ?


Mais revenons à notre parabole des ouvriers de la 11è heure.

Je vous la copie ci-dessous pour ceux qui ne l'auraient jamais croisée :


Évangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu, chapitre 20, versets 1 à 16 :


« Car le royaume des Cieux est semblable à un maître de maison qui sortit dès le matin, afin de louer des ouvriers pour sa vigne. Il convint avec eux d'un denier par jour, et il les envoya à sa vigne. Il sortit vers la troisième heure, et il en vit d'autres qui étaient sur la place sans rien faire. Il leur dit : “Allez aussi à ma vigne, et je vous donnerai ce qui sera raisonnable.” Et ils y allèrent. Il sortit de nouveau vers la sixième heure et vers la neuvième, et il fit de même. Étant sorti vers la onzième heure, il en trouva d'autres qui étaient sur la place, et il leur dit : “Pourquoi vous tenez-vous ici toute la journée sans rien faire ?” Ils lui répondirent : “C'est que personne ne nous a loués. Allez aussi à ma vigne, leur dit-il.”

Quand le soir fut venu, le maître de la vigne dit à son intendant : “Appelle les ouvriers, et paie-leur le salaire, en allant des derniers aux premiers.” Ceux de la onzième heure vinrent, et reçurent chacun un denier. Les premiers vinrent ensuite, croyant recevoir davantage ; mais ils reçurent aussi chacun un denier. En le recevant, ils murmurèrent contre le maître de la maison, et dirent : “Ces derniers n'ont travaillé qu'une heure, et tu les traites à l'égal de nous, qui avons supporté la fatigue du jour et la chaleur.”

Il répondit à l'un d'eux : “Mon ami, je ne te fais pas tort ; n'es-tu pas convenu avec moi d'un denier ? Prends ce qui te revient, et va-t'en. Je veux donner à ce dernier autant qu'à toi. Ne m'est-il pas permis de faire de mon bien ce que je veux ? Ou vois-tu de mauvais œil que je sois bon ?” Ainsi les derniers seront les premiers, et les premiers seront les derniers. »


Traduction d'après la Bible Louis Segond.


J'avoue que je n'avais rien compris à cette histoire. Il ne m'était restée que la dernière phrase : le coup des derniers premiers et vice-versa... le truc misérabiliste du vieux catholicisme culpabilisant l'ambition, la compétition, etc. Vive l'humilité et l'oublie de soi ! tu seras heureux un jour mais pas dans ce corps !


Aujourd'hui, cette parabole est une révélation :

Est-ce que parce que je suis bon

que tu peux être mauvais ?



Retour à la case départ !!! ÉQUITÉ v/s ÉGALITÉ


L'ART DE DONNER À CHACUN CE DONT IL A BESOIN

Ça interroge sur les besoins... on arrive de temps en temps à toucher ses envies quand on prend le temps de le faire, mais ses besoins ? Tellement préoccupé-e à s'occuper des affaires des autres, à être conforme à ce qu'on attend de nous, de notre rôle, à veiller sur l'un ou l'autre, à réfléchir à la place des autres, à faire ce qu'on ne nous demande pas, à faire, à faire, à faire...


Ça n'interrogerait-pas aussi sur l'idée du MÉRITE ?

  • de la compensation

  • de la conformité

  • de l'échange

  • des attentes

  • de la fierté

  • des projections

  • de la gratuité

  • de la condition

?


Du coup, l'égalité la-dedans, j'avoue qu'elle me fait moins envie que l'équité.


Comme ça, c'est un peu vague mais si je vous ramène à la préoccupation du moment : les cadeaux de Noël, vous allez vite me rejoindre dans mes interrogations


N'auriez-vous pas vous aussi l'idée

qu'il faudrait donner à chacun de vos enfants ou petits enfants

des cadeaux dont la valeur est la même pour chacun ?

Les grand-parents se doivent de donner à l'un autant qu'à l'autre, n'est-ce pas ?

C'est un truc de grand-parents, ça !

TU PARLES !

et si tes parents s'amusaient à faire la différence entre leurs petits enfants ?

T'en penserais quoi, TOI ?


Comme on ne comptabilise que le matériel, ce genre de calcul est facile. Pense-t-on au temps, aux conseisl, aux petits services, etc ? Si je donne 50 à chacun, est-ce juste ? est-ce que celui qui gagne déjà sa vie a autant besoin que celui qui étudie encore ? Quand je passe beaucoup de temps avec l'un de mes petits enfants parce qu'il habite à côté, ou parce que j'ai plus d'affinités avec celui-ci, est-ce juste pour les autres ?

Plus d'affinités ??? oh la la ! ça craint ça !

Parfois, on règle la chose par la suppression : maintenant qu'ils sont majeurs, plus de cadeaux. C'est vrai qu'on a souvent plus besoin d'un nounours que d'un peu d'argent pour sortir avec ses potes...


Ça n'interrogerait-pas également sur les valeurs ? sortir entre jeunes, c'est quand même beaucoup moins bien que de lire un bouquin, d'aller à une expo ou d'aider son père à la boutique !



Est-ce parce que je suis bon

que tu peux être mauvais ?




Si on allait un peu plus loin ?


ÉGALITÉ

ÉQUITÉ


===> INCLUSION...


on peut essayer d'être juste, équitable

mais si on essayait de supprimer la cause d'inégalité ?

abattre le mur qui empêche de voir

au lieu de proposer des plots de différentes tailles pour regarder par dessus ?


Si on pensait aux enfants selon leurs besoins

au lieu de les envisager selon

leur sexe,

leur âge,

leurs résultats ?



si seulement...


JOYEUX NOËL À TOUS !

N'hésitez pas à me faire part de vos réflexions

Merci


Sophie David-Auvray

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